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BC200 : un gène du cerveau humain qui saute encore, jusque dans un virus

Recherche publiée dans Science le 24 septembre 2026.


Près de la moitié de notre génome est constituée de restes d’éléments mobiles, des « gènes sauteurs » capables de se copier ailleurs dans l’ADN. La plupart ont perdu cette capacité depuis longtemps. Des chercheurs de l’Université Cornell montrent que BC200, un gène très actif dans les neurones humains, l’a conservée, au point d’avoir sauté jusque dans le génome d’un virus.

élément mobile ancestral → gène BC200 (neurones)
→ copie retrouvée dans le virus du molluscum contagiosum
La « double vie » de BC200.

Un ARN abondant dans nos neurones

BC200 a été identifié à la fin des années 1980 comme un ARN non codant, c’est-à-dire qui ne sert pas à fabriquer de protéine, particulièrement abondant dans les neurones humains. On ne le trouve que chez l’humain et les primates qui lui sont proches. Sa fonction exacte reste incertaine, mais il pourrait aider à réguler la traduction des ARN messagers en protéines dans les neurones. Il est aussi présent en faible quantité dans les cellules germinales.

BC200 dérive d’un transposon, un élément mobile, apparu il y a des millions d’années. Fait inhabituel, il semble avoir gardé la mobilité de son ancêtre, alors que la plupart des gènes issus de transposons la perdent.

Un gène humain dans un poxvirus

L’équipe de Pu Gao, Ellen Pritham, Cédric Feschotte et Cheng Sun a découvert une copie de BC200 insérée dans le génome du virus du molluscum contagiosum, un poxvirus responsable de petites lésions cutanées bénignes. Comme ce virus n’infecte que les cellules de la peau, les chercheurs proposent que le gène ait sauté de cellules cutanées infectées vers le virus. Cette « évasion » prouve indirectement que BC200 est resté mobile chez les primates.

Des questions ouvertes

BC200 est exprimé de façon anormale dans certaines tumeurs et se trouve en quantité élevée dans le cerveau de personnes atteintes de la maladie d’Alzheimer. On ignore toutefois s’il se déplace activement dans les cellules cancéreuses et si ces mouvements provoquent des mutations. On ne sait pas non plus si le virus utilise BC200 pour manipuler les cellules qu’il infecte, une piste que l’équipe compte explorer. Le lien avec les maladies reste donc, à ce stade, une hypothèse.

Source primaire : Gao et al., « Escape of the BC200 gene to a human poxvirus reveals its persistent transposition in primates », Science, 393(6818), 2026.

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