Explorer Biologie Médecine Chimie Physique Vidéothèque E-books BuzzInfo

Actualités

Ozempic, Wegovy, Mounjaro : un risque rare de perte de vision soudaine

Recherche publiée dans Annals of Internal Medicine en 2026.


Les agonistes du récepteur du GLP-1, comme le sémaglutide (Ozempic, Wegovy) et le tirzépatide (Mounjaro, Zepbound), sont devenus des traitements majeurs du diabète de type 2 et de l’obésité. Une vaste étude de l’Université Rutgers, aux États-Unis, associe leur utilisation à une légère augmentation du risque d’une affection rare de l’œil : la neuropathie optique ischémique antérieure non artéritique (NOIAN), qui provoque une perte de vision soudaine.

environ 3 à 4 cas supplémentaires
pour 10 000 patients traités pendant 18 mois
Le risque absolu estimé reste faible.

Qu’est-ce que la NOIAN ?

La neuropathie optique ischémique survient lorsque l’apport de sang au nerf optique diminue. Dans plus de 80 % des cas, il s’agit de la forme antérieure non artéritique, qui touche la partie avant du nerf. La perte de vision est brutale, concerne généralement une partie du champ visuel d’un seul œil, avec une vision floue, assombrie ou des zones manquantes, et elle est souvent définitive. Environ un tiers des patients récupèrent une partie de leur vision, en général dans les six mois.

Ce que montre l’étude

L’équipe de Chintan Dave a analysé une grande base de données d’adultes américains de 18 à 65 ans atteints de diabète de type 2 qui venaient de commencer un traitement par GLP-1. Le risque de NOIAN était modestement plus élevé, avec environ 3 à 4 cas supplémentaires pour 10 000 patients traités sur 18 mois. Les cas étaient plus fréquents chez les hommes et dans la tranche d’âge la plus élevée de l’étude, de 50 à 65 ans. Ce résultat rejoint la position de l’Agence européenne des médicaments, qui a classé dès 2025 la NOIAN comme un effet indésirable très rare du sémaglutide.

Corrélation n’est pas causalité

L’étude ne prouve pas que ces médicaments endommagent directement le nerf optique. Les différences d’état de santé entre patients, comme l’ancienneté du diabète ou les facteurs de risque cardiovasculaire, pourraient expliquer une partie ou la totalité de l’excès de risque.

Que faire si vous êtes traité ?

N’arrêtez pas votre traitement sans en parler à votre médecin : pour la grande majorité des patients, les bénéfices restent importants. Apprenez en revanche à reconnaître les signes d’alerte, une vision soudainement floue, assombrie ou amputée d’une zone, et consultez rapidement un ophtalmologiste s’ils apparaissent, surtout si vous êtes un homme de plus de 50 ans.

Cet article a une visée informative et ne remplace pas l’avis d’un professionnel de santé.

Source primaire : Dave et al., Annals of Internal Medicine, 179(9), 2026.

Aucun commentaire