Explorer Biologie Médecine Chimie Physique Vidéothèque E-books BuzzInfo

Actualités

Cellules zombies : la protéine PD-L2 les aiderait à échapper au système immunitaire

Recherche publiée dans Cell Metabolism en 2026.


Avec l’âge, certaines cellules cessent de se diviser sans pour autant mourir. Ces cellules sénescentes, surnommées « cellules zombies », s’accumulent dans les tissus et libèrent des substances inflammatoires qui contribuent à de nombreux troubles liés au vieillissement. Pourquoi le système immunitaire ne les élimine-t-il pas ? Des chercheurs du centre médical Cedars-Sinai, à Los Angeles, pointent une protéine : PD-L2.

cellule sénescente + PD-L2 → échappe au système immunitaire
PD-L2 bloquée → cellules éliminées, moins d’inflammation
L’hypothèse testée chez la souris.

Une cousine de PD-L1

PD-L2 appartient à la même famille que PD-L1, une protéine bien connue des cancérologues : elle se lie au récepteur PD-1 des cellules immunitaires, qui agit comme un frein. Les tumeurs exploitent ce frein pour se cacher, et plusieurs immunothérapies du cancer consistent justement à le lever. L’équipe de Selim Chaib et James Kirkland propose que les cellules sénescentes utilisent PD-L2 de façon comparable pour éviter d’être éliminées.

Ce que montrent les souris

Chez la souris, supprimer ou bloquer PD-L2 a réduit l’accumulation de cellules sénescentes et les niveaux de leurs sécrétions inflammatoires. Les animaux dont l’activité de PD-L2 était réduite géraient mieux leur glycémie et avaient une force de préhension plus importante, deux indicateurs du vieillissement physique.

Les chercheurs ont aussi observé que des cellules humaines sénescentes produisent plus de PD-L2 que des cellules jeunes, et que son niveau augmente avec l’âge dans certains tissus humains. Cela suggère que le mécanisme pourrait exister chez l’humain. PD-L2 pourrait même servir un jour de marqueur sanguin pour suivre la charge en cellules sénescentes, une idée qui n’a pas encore été testée.

Prudence

Ces résultats sont préliminaires. La sécurité et l’efficacité d’un traitement anti-PD-L2 chez l’humain restent totalement inconnues, et le rôle exact de cette protéine dans les maladies liées à l’âge doit encore être précisé. Plusieurs auteurs détiennent des brevets liés à PD-L2 ou aux médicaments sénolytiques, des conflits d’intérêts déclarés dans la publication.

Source primaire : Chaib et al., « Blocking PD-L2 prevents senescent cell accumulation and age-related dysfunction », Cell Metabolism, 2026.

Aucun commentaire